Claire Morel, HOME (état des lieux), dessins, du 2 au 17 décembre 2016 Vernissage le jeudi 1er décembre de 18 à 21 heures.

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Après une première exposition à Bruxelles en mai 2015, L’Un dans l’Autre, Claire Morel revient en Belgique avec une nouvelle série de dessins, HOME (état des lieux).

Si L’Un dans l’Autre était la série de l’exploration du lien entre soi et les autres, soi et les autre soi(s), soi et son soi-même, HOME est la série explosive de la combustion inexorable et spontanée des liens du foyer. HOME c’est la maison qui brûle de l’intérieur et qui dévore ses habitants et leurs rêves de cohésion et d’avenir.

L’artiste s’attaque ici effrontément aux fondations d’un foyer qu’elle déshabille sous une mine de plomb goguenarde et acide ou qu’elle engloutit sous les flammes avec une candeur qui ne fait même pas peur. On sourit, comme toujours avec Claire, de cette audace qui nous fait pénétrer dans l’antichambre de son intimité et nous dévoile sans ambages ni ambiguïtés les traces enchevêtrées de rêves dévoyés. Car Madame rêve beaucoup pendant que l’Autre lévite au-dessus d’un nœud de racines ou saute vers des souches chevelues et verdoyantes, s’éloignant doucement, tout empêtré qu’il est dans ses propres priorités.

Nouer deux destins n’est pas chose aisée. L’Autre n’est pas le seul à blâmer car chacun est fort occupé(e) à tisser sa propre toile, véritable cotte de maille sur laquelle l’artiste a dessiné les motifs de la combustion ou placé des sujets qui, comme ils n’avaient rien demandé, tentent de s’éclipser en pensée. Tous sont un peu coincés dans cette armure grise qu’ils ont engendrée et cherchent par tous les moyens l’évasion : par aspiration dans un tourbillon chevelu qui s’échappe en tornade ou encore par capillarité dans les couleurs délavées des crayons que l’artiste utilise en petites touches discrètes. Si l’on ne peut fuir, on peut toujours se cacher dans des cavités, des grottes ou des troncs d’arbre. On préfère encore se voiler la face que de s’affronter. Ces sujets qui n’ont plus de tête ni de visage montrent ainsi leur refus d’être acteurs de débats qui ne les concernent pas. Ainsi, l’artiste souligne les postures et impostures de chacun mais aussi la turpitude et crédulité amoureuse qui en ont fait des êtres désincarnés, trop occupés un temps à se fondre à l’autre jusqu’à en perdre leur propre identité.

Quelques dessins, issus de la série Bluette, viennent accompagner ces réflexions sur le poids des années et les projections déçues. Ils rappellent l’étincelle des premiers instants lorsque le temps n’était pas encore figé dans les murs d’un édifice. Peu importaient alors les défaites, les déséquilibres, les instabilités d’humeur. On ne regardait pas vers l’avenir. On ne vivait pas sous le même toit. C’était drôle et grotesque parfois.

A l’occasion de l’exposition HOME (état des lieux) Claire Morel et Astrid Chaffringeon, sa galeriste, ont collaboré à l’élaboration d’un recueil de dessins et de textes qui dessinent un univers surréaliste poétique que le lecteur-visiteur pourra choisir de lire dans son ensemble pour en saisir la chorégraphie générale ou par fragments pour s’attacher à chaque détail.

Chutes étoilées et autres broderies dramatiques sera proposé en édition limitée à cinquante exemplaires et signée aux visiteurs de l’exposition. Il sera offert aux acheteurs.

Nous avons posé quelques questions à Emilie Chaix, histoire(s) de la connaître un peu mieux…

Dessin d'Emilie Chaix

Paris, 24 janvier 2016. Dessin d’Emilie Chaix. © Bruno Cogez

Comment débuterait le récit de tes origines ?

Au commencement étaient les marraines qui se sont penchées sur mon berceau, des monstres sacrés aussi légers à porter que des menhirs…

Que poserais-tu sur ta carte d’identité artistique?

Mes empreintes digitales, cinq doigts et cinq couleurs de prédilection : le rouge – pour le dégoût et l’organique, la couleur chair – pour l’attraction, le noir – pour l’absolu, le brun – pour le bois et la nature, le blanc – pour la pureté et les os.

Une fibre pour tisser ton arbre généalogique ?

De la soie d’araignée, fine et collante

Un bijou de famille dont tu ne peux te séparer ?

Je n’aime pas les bijoux ; dès que j’en mets un, je le perds ou je le casse

Parle-nous de ta tribu…

Pas besoin : elle est là, devant vos yeux

L’objet fétiche qui t’accompagne partout ?

Mes antennes, mon intuition. Concrètement : deux minuscules photos de mes enfants.

Une amulette sans queue ni tête ?

Les gardiens de mon atelier : deux fétiches africains grimaçants acquis à Londres

Quelle est l’histoire que tu préfères te raconter ?

Je suis une grande sorcière-magicienne dont les pouvoirs vont guérir le monde…

La fable de tes émois ?

Les souliers rouges de la Belle au bois hurlant

Ton rituel pour dormir debout ?

Je travaille en dormant. Juste avant de sombrer, je rêve de mes créations

Quels sont tes organes de pouvoir ?

Je préférerais avoir tout pouvoir sur mes organes

L’organe que tu voudrais te greffer ?

Il suffit de regarder ma sculpture Maladie d’amour pour le savoir !

Le point faible de ton ossature ?

Un point entre les omoplates ; sans doute lié à la frustration de ne pas pouvoir m’envoler

En ce moment, quelles sont tes palpitations organiques?

J’ai un faible ces temps-ci pour la beauté de l’intérieur du corps, sa poésie crue. Sans la peau qui nous recouvre et nous protège, que serions-nous, à quoi ressemblerions-nous ?

Que sais-tu de tes certitudes ?

Bien que ça m’angoisse profondément de le reconnaître, il n’y a aucune certitude possible

Et de l’envers du décor?

J’y ai heureusement accès régulièrement, à chaque fois que je me mets à dessiner et à sculpter

Tes projets cette année ?

Je souhaite développer mon projet d’installation autour des Cocons, initié lors du Festival du Lin en juillet dernier. Et poursuivre mon travail autour de l’intérieur du corps et de l’hybridation.

Et dans l’immédiat, expo collective à Paris en décembre, avec l’association Parisian’east.

Sculptures d'Emilie Chaix

FRANCE, Montreuil, 27 octobre 2014. Sculpture de l’artiste Emilie Chaix.

 

 

 

Emilie Chaix, Histoire(s) d’y croire, Vernissage le 13 octobre de 18 à 21 heures.

Dessin d'Emilie Chaix

Paris, 24 janvier 2016. Dessin d’Emilie Chaix. © Bruno Cogez

 

Emilie Chaix œuvre sur plusieurs territoires. Sous influence familiale elle commence une carrière dans le monde de l’édition avant de se lancer dans la création de bijoux textiles pour son compte ou en collaboration avec Christian Lacroix. Au bout de quelques années, le besoin de se consacrer uniquement à ses propres réalisations artistiques se fait sentir. A Montreuil, son atelier se peuple alors de sculptures à l’élégance primitive et tribale et plus récemment de dessins qui explorent son sens de la décomposition organique.

Elle présente avec Histoire(s) d’y croire une série de dessins et de sculptures qui s’organisent autour de plusieurs chapitres. On y trouve, pieds et mains tissés, récits génétiques et arborescences familiales. On y suit à la trace constellations musculaires et ossements incarnés qui nous font prendre conscience de nos mauvaises postures et préparent au prompt rétablissement de notre bonne circulation cellulaire. Ses totems arborescents contre la rage de genre, ses talismans rouges sang pour parer au plus précieux, sont aussi délicats qu’inquiétants. Emilie Chaix nous aide à y croire, à se souvenir que malgré nos parures veinales, nos globules exacerbés, il y a toujours moyen de s’arranger avec la réalité et d’inventer la sienne, multiple et variée.

Ses dessins chuchotent des vérités qui ne devaient pas être énoncées. On le sent à leur légèreté, à ce trait discrètement coloré mais aussi à cette façon un rien dissipée qu’a parfois l’encre de fuir et baver. Des organes sont mis à nu puis reprisés sous l’œil écarquillé et aveuglé de créatures abyssales. Des griffes poussent, pour la protéger, sur une ossature timide et vulnérable. Des hybrides hésitants et claudicants défient les lois de la gravité et de la fraternité. Tout ce qui est déchiré est inlassablement recousu en des assemblages saugrenus. Pas moyen de s’en échapper, malgré les efforts, souvent tentaculaires, pour avancer de l’autre côté.

Seules les sculptures semblent avoir trouvé une issue. Elle surgissent hors murs et plafonds comme des joyaux intestinaux ayant forcé une abominable paroi et en ayant arraché au passage les plus précieux matériaux. Tissus, dorures, borderies, plumes, ossements, bois composent ces parures murales aussi fragiles qu’impérissables. Elles renvoient à des temps immémoriaux où les humains accrochaient à leur chevet tout ce qu’ils avaient récolté et qui les définissait pour se protéger de la nuit sombre et de l’ennemi fourbe. Le trouble surgit ici lorsqu’à y bien sentir, on le devine tapi au fond de nous, l’ennemi. Malgré sa cruauté il n’en demeure pas moins flamboyant car il ose nous renvoyer à notre vulnérabilité, dans toute sa fierté et sa beauté.

 

Sabato, supplément de l’Echo, du 16/04/16

Un grand merci à Sabato, supplément de l’Echo, du 16/04/16 de m’avoir conviée à leur Porte Ouverte. On y parle en quelques mots d’Emilie Chaix, Corine Pagny et Claire Morel, artistes de Chantier(s) Art House que vous reverrez prochainement aux cimaises.

Article disponible en ligne et en kiosque.

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Être envisagé(e) par Laetizia Bazzoni…

La photo du site de Chantier(s) Art House (favicon et posts FB) a été réalisée par la photographe belge Laetizia Bazzoni.

Laetizia travaille depuis de nombreuses années pour des magazines, entreprises et particuliers qui lui commandent des portraits en tout genre: âmes posées, objets dévoilés ou encore ambiances exhalées.

Cette photographe un peu poète, un peu interprète, ne dévisage pas, elle envisage. Avant de lancer un filet pour capturer l’instant voué à la grâce, elle sait composer et doucement apprivoiser ce(lui) qui se laissera portraiturer.

Elle  respire les airs de tous les temps, celui du jour et le sien aussi, qui viendront animer le cœur du sujet et elle se lance, souple et déterminée.

L’émotion se palpera, ensuite, sur le papier.

Astrid_5843©Laetizia_Bazzoni

En avril, Chantier(s) Art House vous propose un stage de porcelaine avec la céramiste Karien Evers.

Venez toucher, sentir, frissonner et créer avec la  céramiste Karien Evers.
Elle vous fera découvrir ce matériau délicat et sensuel lors d’un stage réparti sur deux samedis:

Samedi 16 et samedi 30 avril
de 12 à 18 heures.

Prix: 170€ par personne pour les deux samedis, matériel et cuisson compris.
Vous pouvez consommer vos tartines sur place ou réchauffer vos petits plats.
Thés et cafés offerts.

Infos et inscriptions: info@chantiers-arthouse.com

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