Ce soir, vernissage de la série Homesick de France Dubois de 18 à 21 heures! En attendant, elle a répondu à un questionnaire proustien et nous fait voyager d’Itoshima à Sequoia Park.

1/Le mal du pays : un mal nécessaire ou un adversaire ?
Un besoin pour apprendre à se connaître.
 
2/La nostalgie vient de quel pays ?
Le Japon.
 
3/Une chanson pour la convoquer ?
Yasashisa ni Tsutsumareta nara de Yumi Arai.
 
4/ Si la solitude était un film ?
Les délices de Tokyo de Naomi Kawase.
 
5/Quand vous sentez-vous chez vous ?
Début mai.

6/ Votre pièce préférée de la maison ?
L’intérieur de ma garde robe.
 
7/Un livre à emporter partout chez soi?
L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage d’Haraki Murakami.
 
8/ Si vous deviez choisir entre l’esprit de la lettre et l’esprit des lois…
L’esprit ailleurs.
 
9/Avez-vous l’esprit de contradiction ?
Complètement.
 
10/Comment gérez-vous les fantômes du passé ?
Je leur fais la conversation.
 
11/Votre plus belle errance ?
Sur la route entre Itoshima et Beppu.
 
12/ Dans un parc d’attraction, vous êtes plutôt train-fantôme ou auto-tamponneuse ?
Les deux me semblent tout aussi terrifiants.
 
13/Vous penchez plutôt pour l’effroi ou la peur ?
La peur panique.
 
14/Que trouve-t-on ailleurs ?
De nouvelles amitiés et des parfums exotiques.
 
15/Un artefact dont vous êtes particulièrement fière ?
Mon travail en lomographie grâce à Katherine Longly.
 
16/Votre plus belle aberration chromatique ?
Sur les sentiers de Sequoia Park.
 
17/La latence est-elle délai ou évasion?
L’éveil du papillon.
 
18/Vos projets cette année ?
Un voyage à la recherche du chant des oiseaux des îles.

HOMESICK: France Dubois s’installe chez Chantier(s) Art House le temps d’une exposition fantôme, du 11 mai au 2 juin, vernissage le 10 mai de 18 à 21 heures.

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How to become a ghost

Lorsqu’une maison devient une prison, au Japon, certaines pensent à l’évasion. En imposant leur radicale disparition. Avant de prendre la liberté, dont on les a tellement privées, de revenir errer sur les lieux pour infliger à leur mari, au-delà de la peur, une  éprouvante nostalgie du temps passé et susciter peine et regrets. Et pour s’amuser un peu aussi. 

Dans cette série d’autoportraits, France Dubois s’est laissé hantée par les projets macabres des défuntes d’une maison traditionnelle japonaise et a posé ça et là leurs silhouettes atones ou en flottaison comme autant de conversations et de jeux funèbres où chaque apparition est le prétexte au début d’un roman domestique. 

 

Chambre avec vue, d’Astrid Chaffringeon, auteure, et Claire Morel, dessins.

Les 17-18, 24 et 25 mars le livre Chambre avec vue, écrit par Astrid Chaffringeon en  collaboration avec l’artiste Claire Morel, sera présenté (livre/exposition/lecture-performance de la magnifique Isabelle Wéry) en avant-premièrechez Ramd’Âm à Namur lors du festival qui porte le même nom (que le livre). Il sera disponible en librairie à partir du 26 mars et on le fêtera chez mon éditeur, Nicolas Chieusse d’éléments de langage (Edl) le 18 avril. À vos agendas!

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Un jour peut-être, au détour d’un tombeau, vous apercevrez votre corps frémissant et ondulant sous le poids des collines, posé là à contempler pour l’éternité la mer, ses promesses et ses secrets, sa redoutable fraîcheur, son écume insolente. Alors vos pieds fourcheront pour creuser la terre, vos cheveux deviendront racines et vous vous retrouverez nu(e), à la grâce du sel et du vent.
Si, croyez-moi, cela m’est arrivé, à moi. Et ce n’est pas si simple, ce n’est que le début de l’aventure. D’ailleurs, si j’ai écrit cette annonce, c’est parce que maintenant, j’ai besoin de vous.

Chantier(s) Art House hors les murs.

Cette saison est un peu particulière chez Chantier(s). Elle a commencé autrement, déjà, au printemps, avec la parution d’un roman d’Astrid Chaffringeon, Cueillir ses rires comme des bourgeons, aux éditions Avant-Propos, et elle se poursuivra autour d’autres projets mélangeant arts et lettres.

Pour les  cent ans de l’indépendance de la Finlande, Astrid Chaffringeon participe  au projet A travers le regard / Katseen Kautta / Passing on looks qui réunit autour de deux œuvres de Carita Savolainen, auteurs et performances sonores et chorégraphiques.

Le projet sera présenté à l’ambassade de Finlande le 30 novembre à 18 heures et l’exposition restera en place jusqu’au 5 janvier 2018.

Un livre trilingue sur le projet sera publié par éléments de langage par la même occasion.

Vernissage et événement / présentation / lectures / performances le 30.11. 2017 à 18h (s’annoncer à ulla.suortti@formin.fi)

Ambassade de Finlande, avenue de Cortenbergh 80, 1000 Bruxelles (tél. +32 22871212)

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La saison 2016/2017 ne s’achève pas sur une exposition mais sur le lancement d’un roman dans lequel des artistes ont fortement inspiré l’auteure, Astrid Chaffringeon. Outre la couverture illustrée par l’inimitable Claire Morel, on retrouve ici et là des traces et empreintes laissées par Magdalena Lamri ou Emilie Chaix… et beaucoup d’autres qu’il vous appartiendra de retrouver!

Cette galerie contient 3 photos.

LCR: entretien avec David Courier Lire est un plaisir: entretien avec Nicky Depasse Le carnet et les instants: Une lecture du roman par Emilie Gabële Karoo: Cueillir ses phrases à l’éclosion par Victoire de Changy Le choix de lecteur de … Lire la suite

Le regard de Carnet d’Art sur une galeriste et son travail.

http://www.carnetdart.com/astrid-chaffringeon/

Le féminin du monde by Jean-Paul Gavard Perret

Entreprendre c’est créer mais c’est aussi construire des lieux pour défendre la création. Astrid Chaffringeon le prouve. La baroudeuse au long cours a ouvert à Ixelles, commune de Bruxelles, un lieu « classe » dédié à l’art contemporain et « qui ressemble à une maison ». Styliste d’intérieur, écrivaine impertinente, photographe, metteuse en espace elle défend de projets de femmes engagées et ne se limite pas à un simple rôle d’exposante. Elle l’a prouvé en un travail impertinent de galeriste dans le cadre du projet artistique et humanitaire « Repentir / Pentimento de Lampedusa à Calais » comme en exposant de jeunes artistes qui sont le devenir de la création : Annabel Sougné, Emilie Chaix, Corine Pagny et aujourd’hui Claire Morel.

Avec cette dernière, et prenant toujours une part active aux monstrations qu’elle propose, Astrid Chaffringeon dynamise l’exposition des dessins dans un jeu à quatre mains. Les hommes – entendons les mâles y sont suffisamment neutres pour que chacun se croît l’élu. Mais qu’ils ne s’y trompent pas : les créatrices en choisissent leurs morceaux : parfois elles les tronçonnent. Preuve que si tout est bon dans le cochon les faiseuses de « saur » en deviennent les charcutières plus ailée que sanguinaires.

Une autre manière de lire le monde est donc en marche avec métaphore à l’appui, distinction en plus (tant Astrid Chaffringeon possède le culte de l’impeccabilité) mais aussi avec humour. Dès lors l’élégante perturbatrice, la Janus à deux facettes, rentre de plein pied dans le cercle fermé des iconoclastes belges. Celle qui habite désormais Ixelles, donne à l’art une plus-value XXL.

Photographie à la Une : Astrid Chaffringeon par Laetizia Bazzoni.