Chambre avec vue: coup de cœur d’Emilie Gabële pour Le Carnet et les instants!

Une annonce immobilière des plus particulières…

« N’avez-vous jamais été totalement subjugué.e, emporté.e par un paysage ? Un lieu qui, d’un seul coup, semble vous envelopper entièrement et vous retenir au creux de son ventre. Un endroit qui vous reste dans la tête, qui continue inlassablement à vous appeler, de jour comme de nuit, qui, comme un amant terriblement envoûtant, vous attire à lui, vous caresse et vous absorbe. Bref, n’êtes-vous jamais tombé.e amoureux.se d’une vue, d’un paysage ou d’un monument, au point que tout le reste devienne futile, encombrant, décevant ? C’est ce qui arrive à la narratrice un peu perchée de Chambre avec vue.

Au cours d’interminables et routinières vacances en Corse avec un homme ennuyeux, elle tombe littéralement sous le charme d’un tombeau, sorte de mausolée, en haut d’une colline, dans la petite localité de Pino. L’arrêt est obligatoire. Pendant que l’insipide compagnon reste à une terrasse à l’attendre, la jeune femme grimpe à toute vitesse les marches qui la séparent de son but. Arrivée là-haut, c’est le coup de foudre intégral. Comment n’a-t-elle pas pu voir plus tôt ce lieu si merveilleux ? La vue sur la mer est à couper le souffle. Tout son corps est attiré par ce cadre, par cet espace où elle a subitement envie de s’étendre, de se fondre, de ne plus faire qu’une avec la nature. Les courbes de son corps se confondent alors avec les rondeurs de la colline, les épines des pins se mélangent au brillant de ses cheveux, l’odeur des mousses se répand dans ses veines, ses ongles deviennent racines. La narratrice souhaite contempler ces lieux à l’infini, mais le barbant l’attend toujours en bas. Il faut reprendre la route, reprendre ses activités, continuer son chemin de vie. Elle essaie autant que possible de revenir à Pino, avec des copines, avec d’autres hommes qui ne voient pas, ne comprennent pas la beauté des lieux. Elle parcourt les chemins du village, descend jusqu’à la plage et ne manque jamais de saluer le tombeau, là-haut, qui s’avère être celui de Valentine Eiffel, la fille du Gustave du même nom. Elle lie une relation, sorte d’amitié indescriptible, avec celle qui a choisi ce cadre merveilleux pour son repos éternel. Ne pensant finalement plus qu’à ce lieu, elle décide de trouver à Pino une « chambre avec vue » sur celui-ci et rédige une annonce qui s’avère être le présent ouvrage. De footings en oursinades, de hautes saisons en réunions de l’association culturelle, de mort accidentelle en canaux d’irrigation, nous suivons le parcours de la narratrice, à la recherche de son Graal : trouver un lieu où loger à Pino. »

Emilie Gabële pour Le Carnet et les instants.

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