Emilie Chaix, Histoire(s) d’y croire, Vernissage le 13 octobre de 18 à 21 heures.

Dessin d'Emilie Chaix

Paris, 24 janvier 2016. Dessin d’Emilie Chaix. © Bruno Cogez

 

Emilie Chaix œuvre sur plusieurs territoires. Sous influence familiale elle commence une carrière dans le monde de l’édition avant de se lancer dans la création de bijoux textiles pour son compte ou en collaboration avec Christian Lacroix. Au bout de quelques années, le besoin de se consacrer uniquement à ses propres réalisations artistiques se fait sentir. A Montreuil, son atelier se peuple alors de sculptures à l’élégance primitive et tribale et plus récemment de dessins qui explorent son sens de la décomposition organique.

Elle présente avec Histoire(s) d’y croire une série de dessins et de sculptures qui s’organisent autour de plusieurs chapitres. On y trouve, pieds et mains tissés, récits génétiques et arborescences familiales. On y suit à la trace constellations musculaires et ossements incarnés qui nous font prendre conscience de nos mauvaises postures et préparent au prompt rétablissement de notre bonne circulation cellulaire. Ses totems arborescents contre la rage de genre, ses talismans rouges sang pour parer au plus précieux, sont aussi délicats qu’inquiétants. Emilie Chaix nous aide à y croire, à se souvenir que malgré nos parures veinales, nos globules exacerbés, il y a toujours moyen de s’arranger avec la réalité et d’inventer la sienne, multiple et variée.

Ses dessins chuchotent des vérités qui ne devaient pas être énoncées. On le sent à leur légèreté, à ce trait discrètement coloré mais aussi à cette façon un rien dissipée qu’a parfois l’encre de fuir et baver. Des organes sont mis à nu puis reprisés sous l’œil écarquillé et aveuglé de créatures abyssales. Des griffes poussent, pour la protéger, sur une ossature timide et vulnérable. Des hybrides hésitants et claudicants défient les lois de la gravité et de la fraternité. Tout ce qui est déchiré est inlassablement recousu en des assemblages saugrenus. Pas moyen de s’en échapper, malgré les efforts, souvent tentaculaires, pour avancer de l’autre côté.

Seules les sculptures semblent avoir trouvé une issue. Elle surgissent hors murs et plafonds comme des joyaux intestinaux ayant forcé une abominable paroi et en ayant arraché au passage les plus précieux matériaux. Tissus, dorures, borderies, plumes, ossements, bois composent ces parures murales aussi fragiles qu’impérissables. Elles renvoient à des temps immémoriaux où les humains accrochaient à leur chevet tout ce qu’ils avaient récolté et qui les définissait pour se protéger de la nuit sombre et de l’ennemi fourbe. Le trouble surgit ici lorsqu’à y bien sentir, on le devine tapi au fond de nous, l’ennemi. Malgré sa cruauté il n’en demeure pas moins flamboyant car il ose nous renvoyer à notre vulnérabilité, dans toute sa fierté et sa beauté.

 

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