Par-delà, de Magdalena Lamri. Du 21 janvier au 6 février 2016.

Magdalena Lamri travaille sur l’intime depuis une dizaine d’années. Le public connaît déjà bien ses dessins dans lesquels elle met en œuvres ses conversations avec son quotidien, traque le grotesque et l’irascible dans des autoportraits âpres et exigeants, s’interroge sur la notion d’enfermement et pousse les murs des perceptions premières et primaires.

Avec l’exposition Par-delà, huiles sur toile, elle nous propose de nous laisser glisser dans la douceur asthmatique de la nostalgie, tout à la fois enracinement et déracinement, temps bouleversé qui nous pousse vers un passé vers lequel nous souhaitons nous rapprocher mais dont nous sommes aussi prisonniers. Elle nous parle de la nostalgie telle que pourrait la définir la philosophe Barbara Cassin, pour qui « (…)la nostalgie c’est la « douleur du retour », à la fois la souffrance qui vous tient quand vous êtes loin et les peines que l’on endure pour rentrer. » Pour Magdalena, se retrouver (défunts, projets, intimité) c’est avant tout s’échapper.

Sur ses toiles, derrière les murs gris du quotidien se déploient les arbres d’une forêt millénaire, où mémoire et désir vibrent de concert. C’est la forêt des gestes répétés mille fois, des repas de fête où l’on riait pour garder le précieux lien, où l’on n’oubliait pas de se disputer et se haïr  pour se pardonner vite, ensuite. Chez Magdalena les morts continuent à respirer. Ils se rappellent à notre bon souvenir installés dans un fauteuil ou un canapé, traversent la sciure du bois et la mousse généreuse de nos pérégrinations intimes et enchevêtrements poétiques. Parfois, on les reconnaît sur le visage d’une enfant assoupie dans une rêverie.

Par-delà c’est aussi la pulsion de l’exploration intime. Magdalena nous livre ses apartés avec l’autre côté de la vie, les mensonges et les envies, les peines et les joies qu’on ne partage qu’entre soi. Elle construit un monde au-delà des frontières de nos perceptions lisses et disciplinées, par-delà les murs de nos existences étriquées. Comme chez Calaferte le poète, Eros s’entretient aisément avec Thanatos. Et l’émotion surgit à l’instant où tout bascule, où les murs cèdent sous le poids de nos pulsations, des battements de nos désirs, de la possibilité de la fuite.

Magdalena a été formée à la fresque mais dès l’obtention de son diplôme, elle décide de travailler sur ses propres projets. Elle expose dans de nombreuses galeries, à Paris, en Italie et à Dubaï. C’est sa première exposition à Bruxelles.

Entre-soi.

Magdalena Lamri, huile sur toile, 162×114

 

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