Sabato, supplément de l’Echo, du 16/04/16

Un grand merci à Sabato, supplément de l’Echo, du 16/04/16 de m’avoir conviée à leur Porte Ouverte. On y parle en quelques mots d’Emilie Chaix, Corine Pagny et Claire Morel, artistes de Chantier(s) Art House que vous reverrez prochainement aux cimaises.

Article disponible en ligne et en kiosque.

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Être envisagé(e) par Laetizia Bazzoni…

La photo du site de Chantier(s) Art House (favicon et posts FB) a été réalisée par la photographe belge Laetizia Bazzoni.

Laetizia travaille depuis de nombreuses années pour des magazines, entreprises et particuliers qui lui commandent des portraits en tout genre: âmes posées, objets dévoilés ou encore ambiances exhalées.

Cette photographe un peu poète, un peu interprète, ne dévisage pas, elle envisage. Avant de lancer un filet pour capturer l’instant voué à la grâce, elle sait composer et doucement apprivoiser ce(lui) qui se laissera portraiturer.

Elle  respire les airs de tous les temps, celui du jour et le sien aussi, qui viendront animer le cœur du sujet et elle se lance, souple et déterminée.

L’émotion se palpera, ensuite, sur le papier.

Astrid_5843©Laetizia_Bazzoni

En avril, Chantier(s) Art House vous propose un stage de porcelaine avec la céramiste Karien Evers.

Venez toucher, sentir, frissonner et créer avec la  céramiste Karien Evers.
Elle vous fera découvrir ce matériau délicat et sensuel lors d’un stage réparti sur deux samedis:

Samedi 16 et samedi 30 avril
de 12 à 18 heures.

Prix: 170€ par personne pour les deux samedis, matériel et cuisson compris.
Vous pouvez consommer vos tartines sur place ou réchauffer vos petits plats.
Thés et cafés offerts.

Infos et inscriptions: info@chantiers-arthouse.com

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Questionnaire, à la Proust, à Magdalena Lamri.

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Nous avons posé 20 questions à Magdalena Lamri sur l’exposition Par-delà et son travail:

Quels sont les trois mots que vous poseriez sur le mois de janvier ?
Mélancolique, vaporeux, envoûtant

Et les trois couleurs ?
Un vert sombre , un blanc brumeux, un ocre …

Le(s) maître(s) de la composition pictural de ces dix dernières années?
Indubitablement Adrian Ghenie…

Dans Par-delà le visible, le physicien Carlo Rovelli cherche à comprendre les tout premiers instants de la création de l’univers. Quels tout premiers instants avez-vous cherché à atteindre devant l’espace vierge des toiles de cette exposition? 
Les tout premiers instant de l’émotion…

Que serions-nous sans nostalgie?
Des âmes vides.

Si la nostalgie est insoluble en quoi est-elle féconde ?
Elle est un catalyseur de toute création.

La grande fête de la nostalgie pour vous c’est ? 
Tous les jours …

Qu’avez-vous reçu en héritage ? 
L’inspiration.

Qu’allez-vous transmettre à votre fille ? 
La Passion et l’envie de rêver.

L’enfance est-elle sans issue ?
J’aime à croire que l’enfant que nous avons pu être, continue à vivre en nous et ne demande qu’à se manifester à des moments opportuns…

Quel rôle jouez-vous dans votre propre mythologie familiale ?
Je m’occupe des décors !

Dans quelle forêt poseriez-vous le fauteuil de la mélancolie ? 
En ce moment, je l’installerais volontiers dans une forêt des Carpates… Ce sera pour bientôt.

Que faire pour lutter contre l’absence et l’oubli ?
Je n’ai trouvé que la peinture me concernant.

Contre quoi luttez-vous au quotidien ?
Contre moi-même.

Qu’avez-vous peur d’oublier ?
Parfois, je m’angoisse à l’idée d’oublier l’Essentiel.

Quelles pistes faudrait-il brouiller ?
Les pistes qui mènent à l’ennui et aux regrets.

Quels sont les albums qui vous ont accompagnée sur cette exposition ?
Aventine d’Agnès Obel, Ask the Deep de Soley et les albums de Stephan Eicher qui sont un peu la bande originale de ma vie.

S’il fallait travailler ailleurs qu’à Montreuil, où souhaiteriez-vous transférer vos pinceaux? 
Je n’ai pas une ville ou un pays précisément en tête mais je fantasme un grand atelier, accolé à une maison en bois. Celle-ci isolée dans une forêt de sapins majestueux. Les fenêtres s’ouvriraient sur un immense lac et un poêle réchaufferait les froides soirées … Vous voyez le tableau ?

Vos projets après l’exposition Par-delà ?
D’autres expositions en Italie, Allemagne, Angleterre et France… Ainsi que la scénographie d’une lecture sur l’oeuvre de Marina Tsvetaïeva avec le théâtre de l’Horizon à la Rochelle…
Et CREER, CREER, CREER toujours plus.

Par-delà, de Magdalena Lamri. Du 21 janvier au 6 février 2016.

Magdalena Lamri travaille sur l’intime depuis une dizaine d’années. Le public connaît déjà bien ses dessins dans lesquels elle met en œuvres ses conversations avec son quotidien, traque le grotesque et l’irascible dans des autoportraits âpres et exigeants, s’interroge sur la notion d’enfermement et pousse les murs des perceptions premières et primaires.

Avec l’exposition Par-delà, huiles sur toile, elle nous propose de nous laisser glisser dans la douceur asthmatique de la nostalgie, tout à la fois enracinement et déracinement, temps bouleversé qui nous pousse vers un passé vers lequel nous souhaitons nous rapprocher mais dont nous sommes aussi prisonniers. Elle nous parle de la nostalgie telle que pourrait la définir la philosophe Barbara Cassin, pour qui « (…)la nostalgie c’est la « douleur du retour », à la fois la souffrance qui vous tient quand vous êtes loin et les peines que l’on endure pour rentrer. » Pour Magdalena, se retrouver (défunts, projets, intimité) c’est avant tout s’échapper.

Sur ses toiles, derrière les murs gris du quotidien se déploient les arbres d’une forêt millénaire, où mémoire et désir vibrent de concert. C’est la forêt des gestes répétés mille fois, des repas de fête où l’on riait pour garder le précieux lien, où l’on n’oubliait pas de se disputer et se haïr  pour se pardonner vite, ensuite. Chez Magdalena les morts continuent à respirer. Ils se rappellent à notre bon souvenir installés dans un fauteuil ou un canapé, traversent la sciure du bois et la mousse généreuse de nos pérégrinations intimes et enchevêtrements poétiques. Parfois, on les reconnaît sur le visage d’une enfant assoupie dans une rêverie.

Par-delà c’est aussi la pulsion de l’exploration intime. Magdalena nous livre ses apartés avec l’autre côté de la vie, les mensonges et les envies, les peines et les joies qu’on ne partage qu’entre soi. Elle construit un monde au-delà des frontières de nos perceptions lisses et disciplinées, par-delà les murs de nos existences étriquées. Comme chez Calaferte le poète, Eros s’entretient aisément avec Thanatos. Et l’émotion surgit à l’instant où tout bascule, où les murs cèdent sous le poids de nos pulsations, des battements de nos désirs, de la possibilité de la fuite.

Magdalena a été formée à la fresque mais dès l’obtention de son diplôme, elle décide de travailler sur ses propres projets. Elle expose dans de nombreuses galeries, à Paris, en Italie et à Dubaï. C’est sa première exposition à Bruxelles.

Entre-soi.

Magdalena Lamri, huile sur toile, 162×114